Pour le mariage de mademoiselle Laure R.

Élisa Mercœur

Œuvres complètes d’Élisa Mercœur — 1843

J’avais un ange à l’âme pure et tendre, Un ange ami, dont l’aspect enchanteur M’allégissait mes maux, me doublait mon bonheur. Et qui savait toujours m’entendre Lorsque je lui parlais du cœur. Cet être à la douce magie Que le ciel m’envoya pour embellir ma vie ; Des miracles charmans qu’à chaque instant, pour moi, Sa présence a su faire éclore, Le prestige agrandi se répandra sur toi. Car cet ange, Henri, c’est ma fille, ma Laure, La femme qu’à ton sort unissent en ce jour De leurs chaînes de fleurs et l’Hymen et l’Amour. Ô toi, mon nouveau fils ! toi, l’époux de mon ange ! Ce trésor qu’à ton cœur mon cœur a confié, Quand de votre destin, par un intime échange, Vous devez tous les deux, recevoir la moitié ; Ah ! réalisez-moi l’attente la plus chère ; Que son âme à la tienne inspire l’amitié Qu’elle donne à sa pauvre mère.