Sonnet de nuit

Tristan Corbière

Les Amours jaunes — 1873

Ô croisée ensommeillée, Dure à mes trente-six morts ! Vitre en diamant, éraillée Par mes atroces accords ! Herse hérissant rouillée Tes crocs où je pends et mords ! Oubliette verrouillée Qui me renferme… dehors ! Pour Toi, Bourreau que j’encense, L’amour n’est donc que vengeance ?… Ton balcon : gril à braiser ?… Ton col : collier de garotte ?… Eh bien ! ouvre, Iscariote, Ton judas pour un baiser !