Poètes et poétesses

Voltaire

Le plus célèbre écrivain de son siècle a aussi écrit des vers : Voltaire (1694-1778), et ses épigrammes valent ses traités.

Écrivain, philosophe et polémiste français, et le premier nom du XVIIIe siècle que le corpus porte.

Il naît à Paris le 21 novembre 1694, François-Marie Arouet, fils d'un notaire. Il prend son nom de plume à vingt-quatre ans, en sortant de la Bastille où l'avaient conduit des vers contre le Régent — sa première œuvre poétique aura donc été une peine de prison.

Sa vie tient en une suite d'exils et de retours : l'Angleterre, Cirey chez Mme du Châtelet, Berlin chez Frédéric II, enfin Ferney, sur la frontière suisse, d'où il tient l'Europe en correspondance pendant vingt ans. Il y mène les combats qui ont fait son nom — Calas, Sirven, le chevalier de La Barre —, et meurt à Paris le 30 mai 1778, quelques semaines après y être rentré en triomphe.

On le lit aujourd'hui pour ses contes et ses lettres, et l'on oublie que son siècle le tenait d'abord pour un poète : *La Henriade* passait pour l'épopée française qui manquait, et le *Poème sur le désastre de Lisbonne* pour ce qu'il a écrit de plus grave.

Ce que le corpus en porte est l'autre versant, et le plus vivant : les pièces fugitives. Épigrammes, épîtres, stances, vers de circonstance jetés en quatre lignes — « Les Vous et les Tu », où il se souvient d'une jeunesse pauvre et heureuse ; « À Uranie » ; les épigrammes contre Fréron et contre Gresset, où l'on entend le ton qui a fait sa réputation et ses ennemis.

Petit Poème réunit 31 de ses poèmes, sans recueil : il n'a jamais publié de volume de vers, et ces pièces ont paru une à une. Le canon lui prêtait 276 textes, comptés en pages Wikisource ; ce chiffre-là mêlait le théâtre, les contes, les lettres et la prose philosophique. Trente et un est ce qui reste quand on ne garde que les vers.