Arthur Rimbaud
Arthur Rimbaud (1854-1891) a cessé d'écrire à vingt ans pour faire du commerce en Afrique : son œuvre tient en cinq années d'adolescence.
Météore de la poésie française, inventeur d'une langue à seize ans, et déserteur de sa propre œuvre à vingt.
Il naît à Charleville le 20 octobre 1854. Élève prodige, latiniste primé, il fugue trois fois en moins d'un an : Paris le 29 août 1870, Charleroi et Douai en octobre, Paris de nouveau du 25 février au 10 mars 1871. Il a seize ans.
Les 13 et 15 mai 1871, il écrit à son ancien professeur Georges Izambard puis à Paul Demeny deux lettres où tient un programme : « Je est un autre », et le poète doit se faire voyant par un long dérèglement de tous les sens. Ce n'est pas une pose d'adolescent, c'est une méthode, et il l'applique. Le Bateau ivre, écrit la même année, embarque le vers français dans quelque chose qu'on n'avait pas entendu. Suivent les vers de 1872, brefs, désaccordés, presque des chansons, puis Une saison en enfer, qu'il publie à ses frais à Bruxelles en octobre 1873, et les proses des Illuminations.
Fin septembre 1871, il débarque chez Verlaine, de dix ans son aîné. Ils partent ensemble, se déchirent, et le 10 juillet 1873, à Bruxelles, Verlaine lui tire dessus et le blesse au poignet. Rimbaud a dix-huit ans.
Vers 1875, à vingt ans, il cesse d'écrire, et il n'y reviendra pas. Il s'engage, déserte, marche à travers l'Europe, puis s'installe à Aden en août 1880 comme trieur de café, et à Harar à partir de décembre : commerce, armes, caravanes, dix ans d'une vie qui ne doit rien à la littérature. Pendant ce temps, Verlaine le publie — Les Poètes maudits en 1884, les Illuminations en 1886 — et fait de lui une légende en son absence.
Une tumeur au genou le ramène en France ; amputé à Marseille, il y meurt le 10 novembre 1891, à trente-sept ans. Petit Poème réunit 70 de ses textes : les 45 des Poésies de 1870-1871, dont « Le bateau ivre », les 20 des derniers vers et cinq Illuminations.
- À la musique
- Accroupissement
- Âge d'or
- Au cabaret-vert
- Aube
- Bal des pendus
- Bannières de mai
- Bonne pensée du matin
- Bottom
- Bruxelles
- Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs
- Chanson de la plus haute tour
- Chant de guerre parisien
- Comédie de la soif
- Départ
- Entends comme brame
- Est-elle almée
- Fêtes de la faim
- Honte
- Jeune ménage
- L'éclatante victoire de Sarrebruck
- L'éternité
- L'étoile a pleuré rose
- L'homme juste
- L'orgie parisienne ou Paris se repeuple
- La chambrée de nuit
- La maline
- La rivière de Cassis
- Larme
- Le bateau ivre
- Le buffet
- Le châtiment de Tartufe
- Le cœur supplicié
- Le cœur volé
- Le dormeur du val
- Le forgeron
- Le loup criait
- Le mal
- Les assis
- Les chercheuses de poux
- Les corbeaux
- Les douaniers
- Les effarés
- Les étrennes des orphelins
- Les mains de Jeanne-Marie
- Les pauvres à l'église
- Les poètes de sept ans
- Les premières communions
- Les réparties de Nina
- Les soeurs de charité
- Ma bohème
- Marine
- Mémoire
- Mes petites amoureuses
- Michel et Christine
- Morts de quatre-vingt-douze
- Mouvement
- Ô saisons, ô châteaux
- Ophélie
- Oraison du soir
- Première soirée
- Qu'est-ce pour nous, mon coeur
- Rages de Césars
- Rêvé pour l'hiver
- Roman
- Sensation
- Soleil et chair
- Tête de faune
- Vénus Anadyomène
- Voyelles