Théophile Gautier
Le gilet rouge d'Hernani, c'était lui : Théophile Gautier (1811-1872) a reçu de Baudelaire la dédicace des Fleurs du mal, au « poète impeccable ».
Peintre manqué devenu critique de métier, théoricien de l'art pour l'art, et le chaînon entre le romantisme et le Parnasse.
Il naît à Tarbes le 30 août 1811 et grandit à Paris. Élève du peintre Louis-Édouard Rioult, il se découvre myope et renonce au métier — mais l'œil restera, et c'est à lui qu'on le reconnaît. En février 1830, à la première d'Hernani, il monte à l'assaut du parterre classique dans un gilet rouge devenu l'emblème de la bataille romantique. Il a dix-huit ans.
Il vivra de sa plume pendant quarante ans, et de la pire manière : le feuilleton. Critique dramatique et critique d'art à La Presse, au Moniteur universel, au Figaro, il rend sa copie chaque semaine et se plaint toute sa vie d'un métier qui lui prend le temps d'écrire. Il voyage beaucoup — l'Espagne en 1840, l'Algérie, l'Italie, la Grèce et la Turquie, la Russie en 1858, l'Égypte en 1869 — et rapporte de chaque voyage un livre.
Son apport tient en une formule et en un recueil. La formule est celle de la préface de Mademoiselle de Maupin (1835) : l'art ne sert à rien, et c'est de cette inutilité qu'il tire son prix. Ce que le siècle appellera l'art pour l'art commence là, et le Parnasse s'y adossera. Le recueil est Émaux et Camées (1852), qu'il augmentera jusqu'à sa mort : des pièces courtes, en octosyllabes, ciselées comme des objets, où le poème cesse d'être une confidence pour devenir une chose. Baudelaire, qui lui dédie Les Fleurs du mal, l'y appelle poète impeccable.
L'œuvre en vers avait commencé bien avant : Poésies (1830), Albertus (1833), La Comédie de la mort (1838), España (1845), rapporté du voyage au-delà des Pyrénées. Il écrit aussi des romans, des récits de voyage et des comptes rendus de ballet en quantité.
Il meurt à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872. Petit Poème réunit 172 de ses poèmes : les 53 de La Comédie de la mort, les 46 d'Émaux et Camées, les 28 d'España, dix-huit Premières poésies, douze strophes d'Albertus et des pièces éparses.
- À des amis qui partaient
- À deux beaux yeux
- À la Bidassoa
- À travers les soupirs, les plaintes et le râle
- À une jeune Italienne
- À une robe rose
- Absence
- Adieux à la poésie
- Affinités secrètes
- Albertus (CX)
- Albertus (CXI)
- Albertus (CXII)
- Albertus (I)
- Albertus (II)
- Albertus (IV)
- Albertus (LX)
- Albertus (LXXII)
- Albertus (VII)
- Albertus (VIII)
- Albertus (XLI)
- Albertus (XLIX)
- Ambition
- Apollonie
- Après le bal
- Après le feuilleton
- Au bord de la mer
- Au sommeil
- Baiser rose, baiser bleu
- Barcarolle
- Bûchers et tombeaux
- Caerulei oculi
- Camélia et Pâquerette
- Cariatides
- Carmen
- Cauchemar
- Ce monde-ci et l'autre
- Ce que disent les hirondelles
- Chant du grillon
- Cher ange, vous êtes belle
- Chinoiserie
- Choc de cavaliers
- Compensation
- Consolation
- Contralto
- Coquetterie posthume
- Dans la Sierra
- Dans un baiser
- Dédain
- Dernier vœu
- Destinée
- Diamant du cœur
- En allant à la Chartreuse de Miraflorès
- Étoiles
- Fantaisies d'hiver
- Fatuité
- Fumée
- Ghazel
- In deserto
- J'ai dans mon cœur
- J'ai laissé de mon sein de neige
- J'ai tout donné pour rien
- J'étais monté plus haut
- Je l'aime d'amour profond
- L'art
- L'aveugle
- L'esclave
- L'Escurial
- L'hippopotam
- L'horloge
- L'obélisque de Luxor
- L'obélisque de Paris
- L'Ondine et le Pêcheur
- La bonne journée
- La bonne soirée
- La caravane
- La chimère
- La demoiselle
- La dernière feuille
- La Diva
- La fellah
- La fleur qui fait le printemps
- La fontaine du cimetière
- La jeune fille
- La lune
- La mansarde
- La montre
- La mort
- La nue
- La petite fleur rose
- La rose-thé
- La source
- La spirale sans fin
- La Vierge de Tolède
- Lamento
- Lamento (2)
- Le chasseur
- Le château du Souvenir
- Le laurier du Generalife
- Le lion du cirque
- Le Luxembourg
- Le marais
- Le merle
- Le monde est méchant
- Le nuage
- Le pin des Landes
- Le poème de la femme
- Le poète et la foule
- Le pot de fleurs
- Le premier rayon de mai
- Le puits mystérieux
- Le roi solitaire
- Le sentier
- Le sommet de la tour
- Le souper des armures
- Le spectre de la rose
- Le sphinx
- Le trou du serpent
- Les accroche cœurs
- Les colombes
- Les deux âges
- Les joujoux de la morte
- Les matelots
- Les Néréides
- Les papillons
- Les souhaits
- Les taches jaunes
- Les yeux bleus de la montagne
- Lied
- Magdalena
- Me voilà revenu de ce voyage
- Méditation
- Montée sur le Brocken
- Moyen-âge
- Niobé
- Noël
- Notre-Dame
- Ô nature chérie
- Odelette anacréontique
- Pastel
- Paysage
- Pendant la tempête
- Pensée de minuit
- Perspective
- Pluie
- Pour veiner de son front la pâleur
- Premier sourire du printemps
- Prière
- Promenade nocturne
- Ribeira
- Rocaille
- Romance
- Rondalla
- Sainte Casilda
- Séguidille
- Sérénade
- Soleil couchant
- Stances
- Sur le Carnaval de Venise I
- Sur le Carnaval de Venise II
- Sur le Carnaval de Venise III
- Sur le Carnaval de Venise IV
- Ténèbres
- Terza rima
- Tes yeux si beaux
- Thébaïde
- Tombée du jour
- Tristesse
- Tristesse en mer
- Une âme
- Versailles
- Villanelle rythmique
- Watteau