Poètes et poétesses

Alphonse de Lamartine

Alphonse de Lamartine (1790-1869) a gouverné la France trois mois en 1848, avant d'être écrasé aux urnes et de finir ses jours ruiné.

Poète des Méditations, homme d'État et orateur, celui par qui le lyrisme personnel entre dans la poésie française.

Il naît à Mâcon le 21 octobre 1790, d'une famille de petite noblesse bourguignonne. En octobre 1816, à Aix-les-Bains, il rencontre Julie Charles, mariée et malade. Elle meurt en décembre 1817. C'est elle qu'il appellera Elvire.

Les Méditations poétiques paraissent en 1820 et font l'effet d'une rupture. Le sujet n'est pas neuf — l'amour, la mort, Dieu, un lac — mais la façon dont un homme y parle en son nom, sans passer par la fable ni par l'antique, l'est absolument. Le succès est immédiat et considérable ; il ne le retrouvera jamais tout à fait, malgré les Nouvelles Méditations (1823), les Harmonies poétiques et religieuses (1830), et les deux grands poèmes narratifs que sont Jocelyn (1836) et La Chute d'un ange (1838).

Élu à l'Académie française en 1829, diplomate, puis député à partir de 1833, il devient en février 1848 la figure du gouvernement provisoire de la Deuxième République. Le 25 février, il refuse le drapeau rouge au profit du tricolore, dans un discours resté célèbre ; le 27 avril, il signe le décret d'abolition de l'esclavage. À l'élection présidentielle de décembre, il est écrasé. Il n'aura gouverné que trois mois, et c'est ce contraste qui le rend intéressant : le même homme aura donné au siècle sa langue lyrique et l'une de ses républiques.

Les vingt dernières années sont celles des dettes. Il écrit pour rembourser, vend Milly, sa terre natale, en 1860, et finit par accepter une allocation de l'État qu'il avait servi.

Il meurt à Paris le 28 février 1869. Petit Poème réunit 80 de ses poèmes : les 31 des Méditations poétiques, les 24 des Nouvelles Méditations, neuf des Harmonies, et des extraits de Jocelyn et de La Chute d'un ange.