Poètes et poétesses

Nicolas Boileau

« Enfin Malherbe vint » : Nicolas Boileau (1636-1711) a écrit le livre qui a dit à la France comment écrire des vers.

Satirique, épistolier et théoricien, celui que son siècle appelait le législateur du Parnasse.

Il naît à Paris le 1er novembre 1636, quinzième enfant d'un greffier au Parlement. Il fait son droit, plaide une fois, et n'y revient pas : un héritage lui donne de quoi vivre sans métier, et il choisit d'écrire.

**Il se fait connaître en attaquant.** Les *Satires*, à partir de 1666, nomment les mauvais auteurs et les moquent en vers d'une netteté qui ne s'oublie pas. Il s'y fait autant d'ennemis que de lecteurs, et Mme de Sévigné résume le personnage d'une phrase : tendre en prose, cruel en vers.

Viennent les *Épîtres*, plus calmes, adressées à ses amis — Racine, Molière, Lamoignon, Guilleragues —, où la satire cède à la conversation. Puis, en 1674, *L'Art poétique* : quatre chants qui fixent pour deux siècles ce qu'on attend d'un poème français — la clarté avant l'ornement, le travail avant l'inspiration, la raison partout. « Enfin Malherbe vint » y ouvre le récit du bon goût retrouvé, et désigne un poète que ce corpus porte aussi.

Historiographe du roi avec Racine en 1677, élu à l'Académie française en 1684, il prend dans la Querelle des Anciens et des Modernes le parti des Anciens, et le défend jusqu'au bout. Il meurt à Paris le 13 mars 1711.