Louise Ackermann
Retirée dans un domaine isolé des hauteurs de Nice, Louise Ackermann (1813-1890) fit scandale à cinquante-huit ans avec des vers athées.
Poétesse philosophique du second XIXe siècle, une des rares voix françaises du pessimisme en vers, tardivement lue et aussitôt discutée.
Louise-Victorine Choquet naît à Paris le 30 novembre 1813. Son père, voltairien, lui met des livres entre les mains ; elle lit Goethe, Schiller, Byron et Shakespeare. À Paris, son maître Félix Biscarrat montre ses premiers vers à Victor Hugo. Elle part pour Berlin en 1838, y revient trois ans plus tard — elle en parlera comme de la ville de ses rêves — et y épouse le linguiste Paul Ackermann, ami de Proudhon.
Le mariage est bref : Paul Ackermann meurt de maladie le 26 juillet 1846, à trente-quatre ans. Veuve, elle quitte l'Allemagne, achète un petit domaine isolé près de Nice et consacre plusieurs années aux travaux agricoles, hors de tout milieu littéraire. C'est de là qu'elle revient à la poésie.
Ce qui la distingue est d'avoir mis en alexandrins ce que son siècle débattait en prose. Poésies philosophiques (1871) prend la nature pour interlocutrice et lui refuse toute bienveillance ; « L'amour et la mort », « Le positivisme », « Prométhée », « Satan » posent en vers la question du mal et de l'absence de Dieu, sans la résoudre et sans s'en consoler. La critique s'en empare : Elme-Marie Caro lui consacre, le 15 mai 1874 dans la Revue des deux mondes, un article intitulé « Un poète positiviste » ; d'autres imputent son pessimisme à l'influence des lettres allemandes, ce qu'elle conteste. Elle assurait à Maurice Barrès n'être nullement femme de lettres, tout en tenant à Nice un salon où l'on discutait d'athéisme.
Ses livres sont peu nombreux : Contes (1855), Contes et poésies (1863), Poésies philosophiques (1871) — que Lemerre réunit en 1874 avec ses Premières poésies dans un volume unique —, et un recueil de prose, Pensées d'une solitaire (1882).
Elle meurt à Nice, quai du Midi, le 2 août 1890, à soixante-seize ans. Petit Poème en donne 45 poèmes : les 19 des Poésies philosophiques, les 15 de Contes et poésies et les 11 des Premières poésies, « Aux femmes » comprise.
- À Alfred de Musset
- À la Comète de 1861
- À une artiste
- Adieux à la poésie
- Aux femmes
- Contes
- Daphné
- De la lumière
- Deux vers d'Alcée
- Élan mystique
- Endymion
- Hébé
- In memoriam (I)
- In memoriam (II)
- In memoriam (III)
- L'abeille
- L'amour et la mort
- L'homme
- L'homme à la nature
- L'hyménée et l'amour
- L'idéal
- La Belle au Bois dormant
- La coupe du roi de Thulé
- La guerre
- La jeunesse
- La lampe d'Héro
- La lyre d'Orphée
- La nature à l'homme
- La rose
- Le cri
- Le déluge
- Le départ
- Le fantôme
- Le nuage
- Le positivisme
- Les malheureux
- Mon livre
- Ô Nature
- Paroles d'un amant
- Pascal
- Prométhée
- Pygmalion
- Renoncement
- Satan
- Un autre cœur